bien, bien... retour maison donc.
Entrage dans la salle de bains, trouvage de la tondeuse, huilage
d'icelle, repérage des diverses positions de : sac plastique pour
récupérer tout ce qui doit tomber, mousse à raser, rasoir, gant,
glace, eau chaude (c'est mieux), et zou, en avant !!
Après avoir tout enlevé ce qui dépassait, je me dis que je
pouvais bien poursuivre mon exploration. J'attaquai alors
directement la peau. Bon, au début ça pissait pas mal le sang, mais
je m'en foutais, j'avais prévu le gant de toilette !!
Après avoir ôté ladite peau, je sentis quelque chose d'un peu
rugueux, où ma lame ne glissait plus du tout, et qui semblait assez
dur. Un coup d'oeil dans la glace (après l'avoir dépeinte de sa
nouvelle couleur constituée pour la majeure partie de points rouge
foncé dégoulinants) et je pus m'apercevoir comme je le pressentais
qu'il s'agissait de mon crâne.
Tête dure comme je me connais, je me fis la réflexion suivante
(car il m'arrive de me faire des réflexions suivantes) :
koikiniadessous ?
Prenant mon courage à deux mains, et surtout mon tournevis, je
décidai de m'attaquer à cette fichue boîte (crânienne, car il
m'arrive de crâner). Mais mon tournevis s'avéra assez minable et
glissa tant que je décidai de prendre un autre outil.
Cherchant à tâtons dans l'appart avec toujours ce voile
pourpre devant les yeux, je dégauchis enfin une scie sauteuse.
C'est fou comme c'est chafouin ces bêtes-là, les scies sauteuses !!
Je mis alors une lame à bois, mais les lames de maint'nant, ça vaut
pas les lames de dans l'temps. Et pis tous ces fourbis c'est comme
de la colle (ben la colle a boit). J'optai donc pour une lame
coupant de la ferraille, et après avoir approximativement dessiné
des pointillés avec un crayon bleu, comme font tous les bons maçons
(encore que y a pu d'bons maçons d'nos jours ma pauv' dame),
j'attaquai la calotte ainsi dessinée en criant : A bas la calotte
!!! (terme déjà entendu je ne sais plus trop zoù). Cette opération
terminée, et après avoir enlevé précautionneusement le couvercle,
je m'attaquai donc à l'étude de l'intérieur de ce fourbi.
Car c'est bien de fourbi dont il s'agit !!! Quel bordel
là-dedans, mazette !!! Je retrouvai pourtant quelques pensées
lointaines, quelques idées noires, d'autres lumineuses mais
malheureusement trop souvent hors d'âge, et puis encore d'autres
qui traînaient sous des ch'veux jaunes...
Je vis également des idées saugrenues, d'autres à mourir pour,
des idées haut, des idées rata, des idées ratées, des hydes ratées
aussi d'ailleurs (que je me demande même toujours ce que ça foutait
là).
Heureux d'avoir farfouillé dans ce grenier qui me constitue,
mais cependant conscient de la nécessité d'une parfaite étanchéité
afin d'avoir si possible de la suite dedans (les idées, pfff, je me
demande si il y en a encore qui lisent là tiens), j'optai alors
pour bien refermer tout ça, bien que me sentant déjà quelque peu
pâle.
Mais en vertu du proverbe qui dit que qui pâle plus pâle moins
(qui se souviendra que je l'ai faite la semaine dernière ailleurs
celle-là, hum ?) je réussis tout de même à recoller les morceaux,
parce que c'est important dans la vie d'essayer de recoller les
morceaux...
Quelle ne fut cependant pas ma surprise à la fin de ce travail,
quand je vis ma première idée, mais alors ma toute première, qui
m'attendait sagement sur le bord du lavabo, afin de sauter
lestement sur moi pour me dire à l'oreille : c'est moi la bonne
!!!
D'toutes façons, je l'savais
(tu m'as lu quand j'ai pas bu ? )