La SAFER a rendu sa sentence hier, en conseil d'administration. Pour celles et ceux qui ont raté le début, c'est .

Entre-temps, petit lalune pas dégoûté, a réussi à choper NKM, et à lui causer de l'histoire. Appel de ses collaborateurs, rédaction d'un papier précisant les tenants et aboutissants du problo, réception par un sbire au secrétariat d'état à l'écologie, promesse d'un courrier de soutien, tout bien.

Oui, j'ai eu le temps de faire ça, parce que la SAFER avait décidé de surseoir à sa décision. Le sous-ministre des prisons de Raffarin, un certain Bédier - le roi de la casserole - et ci-devant président du CG78 avait en effet décidé de transformer la ferme en circuit de Formule 1. (mais HQE le circuit hein !!). Et la SAFER, de par sa vocation de maintien des surfaces agricoles avait donc accordé un mois de délai. Bref, passons.

Le 15 octobre, il apparaissait que Prost et Lagardère avaient gagné, pour la construction du circuit à côté de Mickeyland. Et hop, un autre obstacle de levé.

Le jour où j'ai su que c'était vraiment mort, c'est quand j'ai appris que le Préfet des Yvelines avait décidé de classer le périmètre de la ferme en ZAD (Zone d'Aménagement Différé). Alors une ZAD, c'est un machin créé pour qu'un EPF (Etablissement Public Foncier, ce qui veut tout dire mais un peu rien quand même) puisse faire en gros ce qu'il veut de la zone ; ça sert à se prémunir contre la spéculation foncière, et en l'occurrence, ça permettrait à l'usine Renault juste à côté de s'agrandir. Tout en sachant que la moitié des terrains est en zone inondable. M'enfin, en bétonnant bien, ça doit pouvoir supporter un nouveau parking pour voitures qui se vendent pas...

Donc nous en sommes dans la situation suivante : bibi et la couveuse, exit. L'AEV a le droit d'acheter la ferme et l'obligation de la louer au céréalier (qui a dit depuis que le bio c'est dur, les terrains sont pas bons et que donc les deux premières années il travaillera en conventionnel) et aux deux maraîchers convertis au bio. Ils vont tous se péter la gueule, et la FNSEA aura beau jeu de rappeler que c'est bien d'installer du bio sur des grandes surfaces, mais c'est pas viable et donc retour au conventionnel partout où c'est possible (à savoir partout).

Pour autant, au moment de signer l'acte notarié entre la SAFER et l'AEV, l'EPF des Yvelines va pointer le bout de son nez, arguer de son droit de préemption (qu'il peut exercer pendant 14 ans à compter du 21 octobre 2008) et tout est par terre. Ou comment paumer connement 140 ha de terres agricoles aux portes de Paris.

Vous n'avez rien compris ? Moi guère plus.

Alors bon, on se démène pendant des semaines pour monter des projets utiles, viables, etc. et voila. Même si je me préparais à cette décision depuis déjà de nombreuses semaines, la rencontre avec NKM m'avait redonné un petit espoir, mais rien n'y aura fait. Et quand le couperet tombe, même si on sait où ça va faire mal, ça fait mal.

D'un autre côté, ça devait pas être pour moi, j'ai tenté tout ce que j'ai pu et même au-delà, tralali tralala, mais je me dis vraiment qu'on est bien peu de choses face à la puissance publique...