La décroissance individuelle (ou simplicité volontaire), ça consiste à ne pas acheter des trucs qui ne servent à rien, etc. Mais la décroissance collective ne peut être que politique. Essayer de consommer moins, juste pour qu'il y en ait un petit peu pour tout le monde, dans ce monde mondialisé et globalisé que l'on nous serine à chaque article, à chaque JT, à chaque crise ou à chaque décision gouvernementale.

La décroissance n'est pas qu'un concept de gauche. Elle gagnera d'ailleurs à avoir des contradicteurs, qui combattront ses thèses, les amenderont, et non pas les pourfendront en les diabolisant comme le fait la pensée libérale actuelle.

Pour moi, la valeur principale de la gauche (mais p'tet que je me goure), c'est de combattre l'injustice, sous toutes ses formes. Me demandez pas la valeur principale de la droite, je ne la connais pas. Et si je dis remplir son assiette, je vais encore me faire des ennemis...

Je n'arrive pas d'ailleurs à me faire à l'idée que toute la gauche et tous les syndicats dans ce pays en soient encore à la croissance, mais passons. Ah si, les Verts s'y mettent un peu, mais à mon sens, la décroissance dépasse de loin l'écologie. La considération écologique est un des fondements de la décroissance, mais elle n'est pas la seule.

Selon comment l'on place le curseur de ce SMA, la décroissance pourrait tout à fait être de droite. Vincent Chenet propose un rapport de 1 à 4. A savoir que le revenu maximal ne peut être supérieur à quatre fois le SMIC. Après, il n'y a qu'à fixer le SMIC en concertation avec tout le monde. Dans un précédent billet, qui n'est plus tout jeune, je proposais un rapport de 12. Mais si l'on fixe le rapport à 50 ou à 100 fois le SMIC (ce qui fait quand même trois sous à la fin du mois pour le commun des mortels), on peut tout de même avoir un concept décroissant de droite non ?

Une fois ça posé, adieu les niches fiscales et la fraude du même nom, qui représentent chaque année l'équivalent de ce que rapporte l'impôt sur le revenu. S'il reste de l'argent dans l'entreprise, il sert à investir dans la recherche, à former les salariés, améliorer les conditions de travail ou est reversé à l'état.

Alors oui, je sais, c'est une atteinte insupportable à la liberté d'entreprendre, au travailler plus pour gagner plus, etc. Et bien tout à fait, c'est exactement ça, et je vous emmerde !
Plus sérieusement, cela me semble au contraire être une démarche citoyenne. Au lieu d'amasser le maximum de fric que je peux, je bosse dur (ou pas), je suis rémunéré énormément ou peu, mais si je suis énormément rémunéré, j'en laisse un peu aux autres. Cela plaît ? C'est une utopie ? Peu importe ! De toutes façons, on n'a plus le choix. Dans 70 ans, il n'y a plus un gramme d'uranium, et le peak oil est derrière nous...

Alors instauration de la proposition numéro 2 qui ne coûte elle non plus pas un sou (même politiquement vu que ceux qui gagnent plus de 50 fois le SMIC ne pourront jamais faire basculer une élection) mais rapporte gros. Très gros.