Hier matin, coup de fil.
Allo, lalune ? j'ai bien reçu votre candidature et votre Cv m'interroge.
Ben dites, je vais éclaircir tout ça.
Vous avez mis les emplois que vous aviez effectués, mais pas les lieux.
Oui je sais, mais j'avais pas de place, alors je vais tout vous expliquer oralement si vous voulez bien. Blablabla...
Bon, ça m'intéresse, est-ce que vous pouvez venir me voir ?
Bien sûr, mais j'ai surtout les vendredi après-midi de dispo.
Ah, ça va pas m'arranger ça.
Sinon les soirs.
Ok, bon, ben.... ce soir ?
D'accord, je serai là ce soir.

Et là, tu te retrouves à aller passer un entretien le soir même, t'as pas eu le temps de te renseigner de quoi que ce soit sur le poste, tu sais que t'auras pas le temps d'ici le rendez-vous, alors tu te détends, paske y a rien d'autre à faire de toutes façons.

A 18h30, j'étais sur place. 1h30 de rendez-vous, et c'est parce que le mec devait partir. Sinon on y serait encore...
Je me la suis joué révolutionnaire, en lui expliquant bien ma vision de l'insertion. Je savais que j'avais affaire à une équipe qui va de l'avant, et vu que j'avais pas forcément les pré-requis demandés, il me restait seulement la carte de la vision des dispositifs pour moi.
Donc j'ai joué à fond.
Bon, sorti du contexte, ça peut paraître un peu tranché, mais tant pis :
"L'insertion par l'emploi, si ça fonctionnait, on le saurait depuis longtemps. Il n'y a plus qu'au sommet de l'Etat que des gens y croient. L'insertion, ça passe uniquement par la formation. Mais ça coûte cher, et c'est long comme processus. Tout ce que ne peuvent se permettre les hommes politiques de tous bords. Et puis le chômage est maintenu volontairement à ce niveau pour que les salariés ne se sentent pas des ailes pour se rebeller."
Ou encore : "Non, les missions locales ne savent pas aider les créateurs d'entreprise. Ca demande trop de temps. Un conseiller, il doit d'un côté rentrer des jeunes dans le CIVIS, et de l'autre côté, surtout les sortir très vite, parce qu'il faut tenir les objectifs prescrits en début d'année. Donc pas le temps de laisser "dormir" 18 à 24 mois un dossier le temps que le projet avance. Ca devient des ANPE pour jeunes."

Si avec ça je suis retenu pour la suite, c'est que vraiment ils en pensent comme moi...
Mais j'ai la prétention de croire que oui.
Rendez-vous au tas de sable.

Ou pas...