Hier en matinée, dans un amphi parisien, étaient jouées deux pièces, que j'eus l'occasion d'aller voir par et pour un accordéoniste et pianiste de talent de mes relations...
La première mettait en scène la vie d'un pauvre petit bonhomme parisien, accablé de tracas et de tartines beurées soumises un instant à la loi de cet enculé de Murphy. Le petit bonhomme (qui était quand même un grand sifflet) était escorté dans ses moments de vie quotidienne par quelques mi-anges mi-démons malins et facétieux, joués par de jeunes filles accortes court vêtues et tout en... voix bien haut perchées, ainsi que par quelques jeunes garçons avec le rythme dans le sang et ne présentant aucun problème de circulation.
Tout cela donnait un rendu très léger et n'entraînant pas le moindre ennui. Charmant. Juste que le tango vers la fin, (je voudrais pas passer pour un donneur de leçons du haut de mes au moins huits cours et demi) ça ressemblait plutôt à du flamenco. Nouis étions d'ailleurs d'accord sur ce point avec mon étoile. Mais c'était bien quand même.
Il y eut ensuite une transition avec des pièces de cabaret chantées et jouées en direct-live devant tout le monde, avec des fortunes diverses cependant... Autant un barbu tout de noir vêtu et portant haut et de belle façon un accordéon rouge qui fait la mer s'en sortit-il plutôt bien, autant une autre voulant se la péter eut mieux fait d'aux billes ou au sable aller jouer...
Mais à chacun son style, et place aux exercices. Mais si, vous savez, l'histoire du mec qui prend un bus de la ligne S, qui se fait marcher sur les pieds par un autre type et qui après l'avoir engueulé vas s'assoeir sur un siège vide. Et ben le râleur, deux heures après, il était de nouveau vu (par le même qui l'avait vu dans le bus marcher sur les pieds des gens) se faisant expliquer par un ami à lui qu'il devait remonter un bouton de sa redingote.
Palpitant non ? Et bien pourtant, Queneau a écrit 99 façons de raconter cette histoire. 18 étaient reprises dans le spectacle d'hier. Certaines versions n'étaient peut-être pas indispensables. Mais ce fut pourtant un bien beau début de soirée que cette matinée-ci.