Vu 'Eternal sunshine' hier donc. Au cours de la discussion qui s'ensuivit, nous nous demandions (entre autres) comment traduire le titre. Je n'ai sur lemoment rien trouvé de satisfaisant, mais après y avoir reréfléchi en allant travailler ce matin, je me disais que 'je me lèverai et il fera beau' correspondait peut-être assez bien. Du moins à ce que j'en ai compris moi.
Je reste assez mitigé pourtant sur mes impressions, même si la discussion d'après m'a permis de percevoir mieux certaines choses, mais je reste déçu par l'idée de base qui permet d'entrer dans le film. Peut-être n'ont-ils pas trouvé mieux. Mais si pour certains l'agence qui propose d'effacer des souvenirs est un gadget, je ne partage pas cet avis, et trouve que cela biaise le film.
Pourtant il interroge grandement : Est-il souhaitable de vouloir effacer certains souvenirs ? Est-il souhaitable de pouvoir un jour les effacer ? Comment gérer une relation de couple avec les bons souvenirs et les moins bons ? Doit-on vraiment tout dire à l'autre ?
Questions que je me pose donc : Ai-je envie d'effacer des souvenirs ? Si je le pouvais, le ferais-je ? Comment avoir une hiérarchie ou échelle dans la force des souvenirs (et donc dans leur valeur - en agréable ou en désagréable) si je peux effacer ce qui me gêne ? Quelle saveur a le passé ensuite ? Le passé, et donc l'avenir ne deviennent-ils pas inéluctablement nivelés et insipides ?

Bien évidemment, même si cette machine relève de la science-fiction, le sujet du film n'est pas là, mais dans les questions posées plus haut. Le fait cependant d'envisager de proposer aux gens de faire disparaître certains de leurs souvenirs contre espèces sonnantes et trébuchantes est assez dérangeant dans mon esprit, même si cela est surréaliste volontairement. Car le traitement du problème me semble incomplet. L'effacement des souvenirs vis-à-vis d'une personne provoque des conséquences au-delà de la personne oubliée elle-même, et le traitement qui en est fait me semble inégal, dans le sens où certains souvenirs disparaissent, mais pas d'autres.
Et puis il y a des scènes qui me paraissent inutiles ou mal ficelées : le technicien qui danse avec sa nana sur le lit du patient, bof. Le fait que le patient qui va subir l'intervention prenne un cachet et se retrouve affalé sur sa moquette ne crédibilise pas à mon sens le sérieux que l'on pourrait être en droit d'attendre d'une société qui pratique de telles interventions. Ce sont des détails, certes, mais qui gâchent un peu le travail effectué.
Je m'interroge encore sur le fait de savoir si l'histoire de Joel et Clémentine tourne en boucle, ou si l'opération a lieu une sule fois. En fait, je n'arrive pas à fixer d'avis stable à propos de ce film. Trop de questions encore, besoin de le revoir. Juste que les images sont vives, et que la bande son est inexistante. Peut-être mon sentiment d'inachevé vient-il de là.