Vu 'Un long dimanche de fiançailles' hier soir. Avant tout parce qu'il y a Audrey qui joue dedans. Au début du générique, il n'y a d'ailleurs que son nom. Belle histoire tirée du bouquin de Japrisot, que je n'ai pas lu, et qui ne me permettait donc pas de comparer. J'avais entendu quelques propos quant à ce film, notamment que c'était 'Amélie à la guerre de 14'... Et pourquoi pas 'Oui-Oui à la messe' tant qu'on y est ? Mais passons, le quolibet a ça de bien qu'il permet de prendre conscience des jalousies existantes.
Sensation étrange que de voir ce film en ce début de novembre, en me disant que jeudi, les potes (et les autres crétins aussi) de mon ancien travail vont aller jouer sous l'Arc pour la commémoration de cette si grande saloperie, et que cette fois encore je n'y serai pas, je n'y serai plus. Je ne pourrai donc pas fermer les yeux pendant que je joue la Marseillaise en pensant à grand-papa. Mais ce n'est pas le propos.
L'histoire est celle de deux gosses. Lui, comme tous les gens de son âge doit partir servir de chair à canon, ce en quoi il réussit plutôt bien. Désireux de se faire rapatrier, il se tire une balle dans la main, mais passe en cour martiale (c'est que ça rigolait pas à l'époque) et est balancé avec quatre corrélégionnaires dans le no men's land de l'entre-tranchées, avec un bonnet et un gant rouge pour toute armure. Interdiction de revenir. Puis c'est l'attaque, une de ces attaques dont personne ne sort grandi, mais qui permettait de se dire que l'on faisait quelquechose.
Justesse des images lorsque l'on voit les yeux hagards de tous ces pauvres types qui savent que la prochaine balle sera pour eux - c'était déjà des couloirs de la mort, l'alcool qui permet de partir au front, les officiers qui font des exemples. Gratuitement. Pour éviter la désertion massive face à l'horreur. Les missiles qui tombent au petit malheur, ensevelissant les braves sous des tonnes de terre fraîchement retournée. Charnier alimenté en temps réel.
Et puis cette enquête menée par Mathilde. Qui lui permet comme dans les belles histoires de retrouver celui qu'elle aime. La fin en suspens laisse la possibilité à chacun de terminer le film selon sa sensibilité.
La musique quant à elle est bien écrite, et colle bien à l'histoire.
Un court samedi sous la mitraille.