Hier matin en arrivant au taf, je voulais écrire un billet sur le sort de ce pauvre Yasser Arafat. Sur ses conditions de détention depuis trois ans à Ramallah, dans son bunker sans lumière du jour, avec que de l'air en boîte à respirer, sur la 'chance' relative qui était la sienne - quant à sa maladie dont on ne savait trop de quoi il retournait encore - d'aller faire un voyage en France, et dont j'espérais que ce serait son dernier (voyage). Au moins par chez nous, il aurait été soigné peinard, puis je me disais que le gouvernement lui proposerait une petite planque sympatoche dans la verdure en région parisienne, et qu'il coulerait une fin de vie la plus paisible possible, vu que Machin a toutes les envies du monde (surtout construire son mur de la honte et espérer que son pote W soit réélu), sauf d'essayer de faire en sorte de négocier quoi que ce soit avec le sieur Arafat.
Et puis tout s'est précipité. J'ai écouté un long reportage en voiture disant qu'il avait sans doute été empoisonné, et que son état de santé était on ne peut plus catastrophique. Mort clinique ils disaient. Moi, la mort 'clinique', ça me fait penser aux frappes 'chirurgicales'. Une frappe dite 'chirurgicale' reste quoi qu'il arrive un mot politiquement correct pour bombardement, et la mort clinique signifie quand même la mort. Car je le rappelle en passant, la mort clinique, c'est quand le cerveau s'est mis aux abonnés absents (c'est à dire que son activité est à peu près égale à l'empathie que peut dégager quelqu'un qui vote pour le front national), et qu'il n'y a plus que le palpitant qui bosse. Donc en mort clinique, on est mort.
Et puis j'ai reçu ce mail à la con le matin même, avec ce dessin d'Halloween, et tout s'est un peu mélangé dans ma tête. Le flou artistique le plus complet régnant dans mon esprit autour la situation du gars Yasser (je comprends toujours pas comment on peut arriver en avion avec peut-être une pneumonie, puis finalement non, et se retrouver mort en deux jours. Surtout à Percy), et ce dessin m'ont fait dire qu'un peu de second degré n'était jamais forcément tout à fait mauvais.
Apparemment, ça n'a pas amusé grand-monde. Tant pis. Je recommencerai.