Salut Patrick

Au-delà de la contrepèterie facile et connue, ce billet se veut un hommage à un membre, ancien administrateur et trésorier de l'asso où je bosse, et qui est décédé en fin d'année. Dans des conditions assez glauques, à savoir que les voisins ont voulu aller le voir le 5 janvier, ont toqué, et personne n'ayant répondu, ont ouvert et l'ont trouvé tout froid. Il semblerait qu'il était dans sa dernière position depuis le 28 ou 29 décembre, ce qui est bien, mais pas top... Au boulot, il a été souhaité qu'une nécrologie soit publiée dans le prochain bulletin mensuel. Et qui s'est proposé pour s'y coller ?

Mon cher Patrick,

C’est les yeux bien humides que j’écris ces quelques lignes…

Tu as profité de la trêve des confiseurs pour tirer ta révérence, et je trouve cela assez cavalier de ta part. Même si cette dernière pirouette te correspond bien !

Tu as été un des pionniers de XXX, et en resteras une figure. Entré dans l’association dès janvier 2014 alors qu’elle balbutiait encore, tu t’y es impliqué sans compter. Enfin si, puisqu’à XXX on compte. Mais ce n’était pas ton souci.

Tu auras animé des réunions d’information, tenu des permanences d’accueil, participé avec assiduité aux repas partagés mensuels qui constituaient un moment privilégié dans ton agenda... Puis le temps passant (c’est à ce moment-là que je t’ai connu), lorsqu’il s’est agi de trouver un volontaire pour occuper le poste stratégique de trésorier lors de l’autonomisation de XXX, tu t’es proposé. Tu t’es reformé à la comptabilité associative, toi l’ancien expert-comptable, pour un dernier mais immense service.

Je t’ai toujours connu râleur et bougon (peut-être cela t’était-il venu avec le temps), avec un langage très fleuri (j’adorais et je suis sûr qu’il était de tous temps par contre…), et ce petit côté ‘vieille France’, adulant De Gaulle, bref, un personnage fier et entier.

A côté de tout ça, je ne peux omettre de signaler à tout un chacun ton dévouement pour les autres, et notamment envers ‘le gamin’ comme tu disais. Je n’ai jamais eu le détail précis (et puis tu étais tellement bavard que je n’étais pas forcément toujours aussi attentif qu’il aurait fallu…), mais il s’agissait d’un jeune (voisin ? connaissance ? de la famille éloignée ?) alcoolique qui n’arrivait pas à s’en sortir, et que tu tirais régulièrement de la panade, en l’hébergeant, en lui donnant quelques-uns de tes maigres sous, en l’accompagnant dans ses démarches…

Ces derniers temps, tu me répétais que tu avais repoussé trop de rendez-vous médicaux, et qu’il fallait que tu recales tout ça. En y repensant, je me dis que le moral avait déjà bien flanché.

Il y aurait tant à dire, tant d’anecdotes à raconter, entre ta patronne qui faisait détordre les clous pour les revendre au poids, ton livre pour gagner au tiercé, ta phobie des initiales dans mes compte-rendus de CA, etc, etc.

Maintenant, je ne sais pas qui va trouver un prétexte foireux pour m’appeler et en profiter pour me raconter en long, large et autres travers la troisième République, De Gaulle, Daladier, la résistance et consorts.

Mille pensées,

lalune

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