Ben voila, on y est...
Même moi qui ne connais rien de rien en économie, je l'avais annoncé il y a déjà plusieurs mois. Mais bon, tout ça, c'est encore la faute à tous ces statisticiens, qui font rien qu'à mal interpréter les chiffres qu'ils recueillent ! Me demande même si ils analysent les bons moi... Te foutrais tout ça en caserne en province, ça prendrait pas longtemps !

Mais passons. Il y a une chose à prendre en compte, c'est l'énorme différence entre récession et décroissance. La récession, c'est la merde pour un gouvernement monde qui ne voit que la croissance. Et puis 0.1 point par trimestre, pour de la décroissance, ce serait vraiment pas bon non plus. Pas suffisant, même si il ne faut pas être trop gourmand. La récession, c'est des emplois qui disparaissent, le fric des actions qui part en fumée, l'aristocratie qui risque de ressortir les fourches que ces salauds de pauvres leur avaient emprunté il y a un peu plus de 200 ans...

Mais bon, comme la croissance ne repartira pas de sitôt, plutôt que de se lamenter bêtement, se dire que le président avait dit qu'il irait chercher le point qui manque avec les dents (il doit plus avoir de dents le pauvre biquet), autant passer à autre chose directement. De toutes façons, la moyenne sur les 30 dernières années a été de 2% par an. Au-delà de 2% de croissance, c'est du bol. Donc je ne vois pas comment on peut institutionnaliser la chance ou vouloir faire de la chance une règle. Et même à 2%, alors que la croissance a été quand même énormissime ces 30 dernières années, le chômage a quand même doublé. Donc inutile de se leurrer à propos des effets bénéfiques de la croissance sur l'emploi, on voit bien que c'est absolument faux. Alors bien sûr, les tenants du libéralisme diront que c'est parce qu'il n'y a pas assez de croissance que ça va mal et qu'il en faut plus.
La prochaine fois que vous êtes malade, que votre toubib vous prescrit un médicament que vous prenez bien consciencieusement, que vous vous apercevez qu'il ne vous convient pas et provoque des effets secondaires indésirables, n'oubliez surtout pas de lui demander d'augmenter la dose !!!

Bon, sinon, pour en revenir à quelques mesures qui ne coûtent pas un sou à l'état et peuvent rapporter très gros, Vincent Chenet dans son bouquin en propose quelques-unes. Il a été candidat à des élections législatives et a donc un peu réfléchi à un programme. Je pourrais toutes les balancer d'un coup, mais je préfère les distiller tranquillement. Après avoir bien réfléchi aux siennes, j'en aurai même moi à rajouter.

Alors bien sûr, les objecteurs de croissance sont les partisans de la lampe à huile, de la vie dans les casernes cavernes, de la castration chimique pour faire diminuer la population, etc. Ils sont synonyme du totalitarisme le plus obtus, militent forcément tous au front national, etc. Forcément. Juste que si l'on regarde les pays où la croissance est bonne actuellement, ce sont justement des états totalitaires, ou du moins dans lesquels la démocratie ne paraît pas au mieux de sa forme. Etonnant non ?

Au concept de développement durable cher à tous les nabots qui pensent que la Science (oui, je mets un grand S) va nous sauver en nous dégottant de derrière l'uranium (c'est passé de mode les fagots) une nouvelle énergie qui permettra la croissance infinie mère de tous nos rêves de puissance, Vincent Chenet propose le concept d'épanouissement durable. Ouais bon, je sais, c'est pas trop glamour, ça se calcule assez mal en point de pib, mais bon, voila, le mot est lancé : épanouissement. C'est un peu moins connoté économique que développement non ? Chaque fois que vous entendrez le mot développement durable, essayez de le remplacer par épanouissement durable, et regardez si la proposition formulée tient toujours... Je veux bien prendre des paris.

Pourtant, sans entrer dans le moindre totalitarisme, il va bien falloir interdire certains trucs qui nous gangrènent, afin de sortir de la dictature et du terrorisme intellectuel dans laquelle nous sommes tous confinés. Par exemple, dans une démocratie, il est interdit de tuer son patron, même si on pourrait en avoir envie parfois ; il est également interdit de violer la fille du voisin, même si elle est bien jolie, de voler l'orange du marchand (qu'on se demande encore qui c'était mais bon), de partir avec la caisse de son entreprise... De même l'esclavage n'est plus très en vogue, alors que bon, c'était quand même pratique non ?
Cette liste non exhaustive montre que la liberté d'aller et venir, faire, penser est inexistante si l'on ne met pas quelques règles, et que justement, l'absence de règles et de lois nous ramène à la loi de la jungle, ou à la situation économique mondiale actuelle.

Donc, pour en venir à la proposition numéro 1, je suis favorable à l'interdiction, à la suppression pure et simple de la publicité. Ouais, je sais, c'est tout con, ça coûte pas un rond à l'état, et ça débloquerait déjà grandement la situation. A quoi sert la publicité ? Tout bonnement à nous rappeler qu'il ne faut pas oublier d'acheter le dernier modèle de ceci, à acheter ça parce que c'est bien, bref, à nous créer artificiellement des besoins. Moi je retournerai chez Carrefour quand les vendeurs auront écrit sur les gilets : "Puis-je vous aider à moins consommer ?" Ouais, là, ok. Parce que le "mieux consommer", il ne signifie pas "plus consommer" par hasard ? Hum ? Ah mais non m'sieur, il y a seulement écrit "mieux", et non pas "plus" ! Une mandale oui !!!
Face à la publicité, il y a plusieurs réactions, dont les miennes évidemment :
- Bof, moi je la regarde pas. Donc supprimons la publicité.
- Pfff, j'en profite pour aller pisser pendant le film. Donc supprimons la publicité.
- J'en ai marre d'avoir ma boîte aux lettres pleine de pubs, je suis constamment en train de les jeter sans les lire. Donc supprimons la publicité.

Considérant à nouveau que la publicité est là pour nous créer des faux-besoins, sans publicité, nous serions forcément moins tentés non ? Alors il suffit d'interdire la publicité à la télévision, dans les journaux (payants et gratuits), le tractage dans les boîtes aux lettres, les panneaux en ville, à la campagne et ne l'autoriser que sur les lieux de vente. (Pour info, un panneau parisien Decaux, sponsor de ce cher, mais alors très cher - en énergie - Vélib' consomme l'équivalent d'un foyer de 2,6 personnes par an. Multipliez par le nombre de panneaux, et pleurez.)
Après, que les gens du marketing vous aident à vendre votre produit, à le mettre en valeur un peu, pourquoi pas. Mais pas à distance. Sur le lieu de vente, point final.

Il serait également envisageable que tout affichage installé sauvagement soit démonté dès qu'il est vu par quelqu'un (pas fracassé, c'est pas le but) mais que des entreprises soient habilitées à démonter ces trucs.

Voici une première proposition tout bête, qui n'est pas agréable à formuler bien évidemment, mais qui semble inévitable au vu de la situation actuelle. Cela permettrait en outre de retrouver un confort visuel et une sérénité qui nous font cruellement défaut dans ces temps difficiles. Imaginez juste pour un maigre exemple le métro parisien avec des poèmes ou des photos à la place des affiches !!! Le bonheur si je veux ? Oui.

La prochaine fois, une autre proposition...

Nota pour Vincent Chenet quand il va tomber sur mon blog : Tes idées, je les reprends, mais je les illustre juste à ma sauce, donc y a pas offense hein ! Et puis je sais que je raccourcis et explique beaucoup moins bien que toi, mais y a plein de gens qui liront pas ton bouquin, alors bon, au moins je commence le travail...