Alors, j'en suis ici :
Je sais même pas par où commencer...

Mon projet d'installation avance lentement, mais vite pourtant. On a décidé avec mon étoile de s'installer à proximité de Paris. C'est plus cher qu'ailleurs (6500€ / ha env), mais cela offre le double avantage de la continuité du taf de mon étoile, et de l'absence actuelle de concurrence sur Paris. Pis c'est là qu'il y a le plus de clients pour mes produits à venir.

On a décidé que je me passais des prêts et aides proposés aux JA (jeunes agriculteurs), et ce pour deux raisons : petit 1, j'ai pas le temps de passer 6 mois en stage je sais pas où à élever des vaches ou toute autre activité rémunérée 250 euros par mois et qui n'aura aucun rapport avec ce que je veux faire ; petit 2, j'emmerde la PAC (qui me le rendra bien en me filant de toutes façons pas une thune). Donc hop, on se débrouille sans. (Ou pas...)

Analyse des besoins en terme de foncier et de bâti. Il nous faut donc :
- une quinzaine d'ha, 20 seraient mieux, pour faire manger les bestioles (une bonne vingtaine dans mes rêves).
- un endroit pour habiter à proximité des ânes -> rénover ou habiter direct si le terrain comporte du bâti, faire construire si pas de bâti)
- une salle de traite, un laboratoire pour réaliser les savons et lyophiliser le lait, ainsi qu'un coin boutique.
- des abris de pré pour ces dames et messieurs.

La production sera labellisée "cosmétiques biologiques" par Ecocert (le label Agriculture Biologique est réservé aux produits alimentaires. Mon activité ne dépend donc pas de la DSV (direction des services vétérinaires), mais de la DGCCRF (Répression des fraudes) -> ce qui implique de répondre au cahier des charges Ecocert : alimentation bio pour les ânes, prophylaxie du troupeau, labellisation des produits, frais pour les visites de certification et des contrôles divers autant qu'inopinés, et délais d'obtention du label selon le terrain trouvé.
La DGCCRF m'a envoyé (sur ma demande) (quel con) 200 pages de législation imbittable, dont je ne sais même pas quoi foutre tant ça me rebute. J'ai quand même compris que je devais demander une autorisation de mise sur le marché à l'AFSAPS (un organisme sanitaire d'état, genre AFSSA).

Mon statut d'agriculteur me permet d'acheter des terres agricoles, avec ou sans bâti. Je pourrai (si par miracle on trouve un truc) construire du bâti supplémentaire si besoin, ou tout faire construire dessus, même l'habitation). -> monter une EPI (étude prévisionnelle d'installation) via l'adasea (un organisme agricole qui gère les agriculteurs).

Mon statut d'agriculteur ne me permet pas de transformer ni de commercialiser mon lait -> créer une entreprise commerciale type EURL -> réaliser un budget prévisionnel, plan de financement, etc.

Pour le cas où on trouverait pas de terrain immédiatement, je suis en attente de devis pour des lyophilisateurs, me permettant de transformer le lait qui sera incorporé dans les produits cosmétiques (réalisés par un labo spécialisé dans les cosmétiques biologiques d'Eure et Loire) et de commencer l'activité commerciale.

Stratégie :
L'éleveur lalune élèvera des animaux, produira et vendra des ânes et du lait. Les ânes seront vendus à qui-n-en-veut, et le lait sera vendu à l'entreprise lalune. L'entreprise transformera le lait (par lyophilisation et sous-traitera la production de cosmétiques, ou par saponification, l'entrepreneur lalune réalisant lui-même ses savons avec ses p'tits doigts). la commercialisation de tout ça sera réalisée par l'entreprise lalune, via la boutique, un site internet (dont vous serez dans les premiers à connaître l'adresse, ainsi que divers revendeurs - notamment bio - d'Ile de France).

Démarches en cours :
- demande des documents permettant de faire réaliser l'EPI, afin de donner un maximum de crédibilité à la rentabilité du bordel, histoire que les banques me filent des sioux..
- rédaction d'un courrier demandant l'attribution de l'ATREA (parce que ce qui est pris est pris).
- finalisation d'un document présentant mon projet, à envoyer à toutes les municipalités susceptibles de nous intéresser géographiquement parlant, afin de les sensibiliser à notre histoire (77 sur la ligne du RER E, 78, 27 et 28 pour leurs parties rendant Paris sud ouest accessible en transports).
- bouclage du projet à présenter aux banques pour la création de l'activité afin d'obtenir des financements (j'ai fait une estimation grosso modo à 400 k€ quand même...)
- recevoir les devis des lyophilisateurs et les étudier.
- continuer d'éplucher les divers coins via google earth pour voir où il y a des dispos potentielles.
- garder espoir.
- y croire.
- essayer de réfléchir à tout ce qui a été oublié. - réparer les oublis...

Alors si maintenant, quelqu'un a des compétences particulières en matière de conseil à la création d'entreprise et veut faire preuve de philanthropie durant quelques heures, je suis pas contre !