En 74, 81 et 88, j'ai pas voté. Allez savoir pourquoi.
En 1995, j'ai dû voter socialo, influencé que j'étais par mes parents. J'arrive encore à être influencé par leurs opinions, mais plus en ce qui touche au politique.

En 2002, j'ai voté bayrou, parce qu'à la lecture des programmes, c'est ce qui me semblait le moins mauvais. Et contrairement à des tas de gens qui ont regretté leur vote du 21 avril, si c'était à refaire, je le referais.
En 2002, l'extrême gauche me semblait... extrême.
En 2002, je n'étais absolument pas sensible aux considérations écologiques (et non pas forcément écologistes) qui m'animent actuellement.
En 2002, mes avis n'étaient alors guère forgés. Je sais pourtant qu'ils vont continuer d'évoluer. Soit se radicaliser et je mourrai 'vieux con', soit s'assouplir (et dans ce cas-là, je mourrai 'vieux con').

Là, on est en 2007, et je suis au désespoir de m'apercevoir que cela n'a guère avancé. Et je suis désespéré, vraiment. Je suis pris entre mes considérations de croyance et des logiques d'anti droite dure, même si mon ancrage a gauche se fait plus présent.

Parce qu'il y a plusieurs façons d'être de droite. Actuellement dans ce pays il y en a trois :
La droite 'modérée' style royalo-bayrouiste
la droite 'classique' chiraco-villepiniste
la droite 'ultra' sarko-lepéniste.
Bon, deux seulement sont représentées dans ce scrutin, mais les trois restent présentes à mes yeux.

Je sais que la ligne du PS ne me convient plus, en raison de tout ce qu'ils ont proposé étant aux commandes : la libéralisation du système financier, la désinflation compétitive, Maastricht, le record de privatisations sous Jospin, etc. et de ce qu'ils proposent encore cette fois.
Donc l'extrême gauche m'est apparue moins extrême ces dernières années, considérant que tout le reste a glissé à droite (sauf le Pen parce que sinon il tombait dans le précipice...)

Mais tout le monde étant pris dans cet engrenage infernal du 'si on tape sur les entreprises elles embauchent pas et tout le monde est chômiste', le discours de gauche ne passe pas.
(Et c'est pas MGB qui va faire avancer la représentativité. J'ai déjà dit je crois pourquoi je pouvais pas l'encadrer, et si je l'ai pas fait tant pis, hors de question de lui consacrer d'avantage de pixels.)

Mes priorités sont d'ordre écologique. Par exemple, mon rêve serait d'habiter à côté d'un village et d'aller faire mes courses chez les paysans du coin, ou dans une coopérative quelconque, dans une cariole à ânes. Déjà ça aurait d'la gueule, et pis ça coûte pas cher. C'est un peu comme si j'existais pas pour la planète quoi. Je lui fais pas trop d'ombre la pauvrette. Et puis à la place de la télé, je relancerais les tournées de veillées dans les chaumières, ça serait top bien. Si j'utilise le conditionnel, ça veut pas dire pour autant que c'est pas ce que je ferai. Sauf que ça fait rien avancer du tout. D't'façons, je pense pas avoir les moyens de faire avancer quoi que ce soit, je suis pas un meneur.

Mais une de mes autres priorités, c'est la garantie de mes droits en tant qu'humain. Et si joe dalton est président, je sais que dans 5 ans, j'aurai mes empreintes qui circuleront un peu partout, mon ADN sera obtenable par qui voudra, mon passeport biométrique me fera une belle jambe moi qui ne voyage pas, j'aurai usé dix-sept paires de chaussures huit fourches et perdu six mois de salaire en grèves et manifs, j'aurai été viré, donc je serai serveur ou maçon après avoir refusé deux autres offres d'emploi par un cabinet privé qui aura remplacé l'ANPE, mon employeur me paiera seulement quand il a besoin de moi, j'aurai passé 3 mois (en cumul) en garde-à-vue, je serai dans l'attente de ma greffe de puce électronique, le premier agent de sécurité venu saura où j'ai passé ma soirée de samedi (alors qu'il suffisait de me le demander, je gardais mon p'tit n'veu qui vient d'avoir 6 ans), et mon blog aura été interdit par la police.

Donc ça fait pas avancer mon schmi, mon schimili, mon schmlibli, mes affaires.

P'tet le troisième billet ?


Alors quelle misère !