mensonges et silences
Par lalune le dimanche 21 août 2005, 10:10 - Continue homme... Est-ce passe-temps ? - Lien permanent
billet pas très glorieux. Je me demande même si ça vaut la peine de se lever si tôt un dimanche pour écrire ça, mais de toutes façons j'avais un truc à faire juste avant ce billet.
Alors voila. Je suis un champion du mensonge. Mais quand je dis champion, je ne mens pas... Pour moi le mensonge est quelque chose de chronique, de permanent ou presque, dont je n'arrive pas à retrouver l'origine. Et surtout j'aime ça. Plus c'est gros, plus ça passe quand on a essayé un peu en plus. Alors dites-vous bien toutes et tous qui me lisez régulièrement (les requêteurs google & co peuvent passer leur chemin) que je vous ai forcément menti au moins une fois. (Déjà, ce blog...). Prenez-le pas mal, il n'y a aucun traitement de défaveur là-dedans, je mens à tout le monde et tout le temps. Amis, famille, collègues, relations, tout le monde. Souvent des petites choses insignifiantes, mais également des plus importantes, voire cruciales.
Il y a des gens qui volent des clés, des stylos, etc., actes compulsifs. Moi je vole la vérité. Juste qu'à force, je ne sais plus.
Et c'est bien là que se situe le problème... Car avec ma capacité à inventer tout et n'importe quoi quand le terrain devient glissant mais sans que l'improvisation ne se voie - ou quasi pas, j'en arrive à ne plus savoir dans quelle vie j'évolue. Celles que je raconte ou la vraie. Mais j'ai une éthique quand même : Un mensonge qui a servi une fois ne peut plus servir de façon exactement similaire. Alors ça oblige à improviser beaucoup. J'ai des souvenirs de tirades débutées qui peuvent durer des minutes, voire des jours quand je suis un peu coincé aux entournures... Et un même truc que je ne veux pas dire à plusieurs personnes qui me demandent (mais qui ne se connaissent pas) provoquera inmanquablement trois histoires différentes.
Aucun côté mythomane pourtant. Juste qu'il y a des choses que je ne veux pas dire. Et plutôt que de dire : "Tu sauras pas", ben moi j'invente. Pour ne pas avoir l'impression de me taire ou de vexer, pour le côté grisant de l'histoire risquée à inventer sur l'instant, même si des fois ça rate. Mais je n'ai que très peu d'échecs. Qui ne font en outre que renforcer mon imagination et me faire promettre de mieux gérer la fois suivante... Ce que d'ailleurs je.
Alors forcément, plutôt que de ne pas dire des trucs, il serait sans doute plus simple de commencer par ne pas les faire. Oui, sans doute. Car le service après-vente est très contraignant en énergie et malice.
Le mensonge a ceci de commun avec l'alcoolisme par exemple (ou toute autre forme d'addiction) qu'on se dit : pfff, j'arrête quand j'veux. Et pis non. C'est pas vrai. C'est un travail qui est long. Très long.
Car cela signifie évidemment d'accepter que le préalable est d'arrêter de se mentir à soi-même. Et ça c'est dur. Surtout quand on vit constamment dans le rêve et les excès qui lui sont corrélés. Toujours un rêve en tête, toujours le moral en dents de scie... Et arrêter de se mentir implique de renoncer en grande partie à tout ça.
Force de l'habitude. Sentiment de fragilité extrême face à l'inconnu en cas de désactivation de l'armure mentale. Surtout que pour cela, il me faut en face une confiance que je sente inébranlable pour pouvoir essayer.
Pourtant, décider de commencer la thérapie. Retrouver un roc. Envoyer toutes les vagues se briser dessus, à intervalles irréguliers. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'eau ou qu'il s'érode. Commencer par ce roc seul, et voir comment étendre le phénomène.
Mais allez demander à quelqu'un d'avoir confiance quand vous commencez par dire que vous êtes un menteur invétéré. Même si le roc connaît le sens des courants, il découvre quand même la violence des vagues. Pourtant, au-delà de ça, le réglement de la dette dont je parlais il y a peu passe et passera sans aucun doute par là. Alors tenter d'accepter de regarder la vérité en face, même si c'est pas toujours joli-joli... Accepter aussi le coup du boomerang éventuel. Accepter enfin de remuer tout le passé récent afin d'espérer y voir plus clair. Car il faut.
Et puis entre le mouvement de ces six dernières semaines et les six premiers mois de 2005 qui ont été assez cata il faut bien le dire, sans doute le moment est-il venu de pousser les feux et de procéder autrement, car j'ai peur que tout ceci ne tienne pas forcément très longtemps.
Et puis je commence à avoir le mal de mer...
Quant aux silences, c'est peut-être pire, c'est les moments où j'ai même pas envie d'inventer une histoire...
Bande son : Paris Combo en boucle.
Commentaires
C'est bien analysé tout ça... Moi je ne mens pas, je fuis. Je ne sais pas si c'est mieux, mais c'est moins fatigant ;-)
Courage Pinocchio
Oh la la, Pierrot, si tu savais... Je vais faire un trackback tellement ce billet résonne en moi,qui suis aussi menteuse que toi !
Plein de grosses bises à toi
C'est compliqué de voir les choses en face, parce qu'il faut recommencer sans arrêt...
Courage. Des bisous.
Nous sommes tous un peu schizo pour alimenter un drôle de blog.
Quant au mensonge, je ne me mets pas à ta place mais nous aurions sans doute des mea culpa à faire de nombreuses fois, que ce soit par évitement, par omission, par adaptation de la vérité.
Bises.
PS: D'un autre côté, lorsque tu disais que tu voulais un barbec ou une raclette... ;-)
saloperie de fumier de bidibul...
déjà, c'est pas moi qui ai proposé le barbec', et tu as pas parlé de raclette mais de tartiflette !!!
*attend son heure donc...*
si c'est vrai !!!
:p
Il est un lieu où les masques et le mensonge sont rois, c'est, à mon avis, la blogosphère. Mais ça fait partie du rêve, un peu comme des personnages de livre? Beaucoup, enjolive et c'est souvent magique comme une ?uvre littéraire.
J'aime bien la tête que tu fais quand tu dis : "Si, c'est vrai!"
Pareil !
(et puis, t'as vu, entre chez toi et chez moi, ça fait plaisir de voir tous ces menteurs, on se sent moins seuls!)
Menteur façon "Big Fisch". Ca a son charme aussi. La vie peut paraitre beaucoup plus jolie.