Depuis quelques jours, c'est la phrase qui me vient le plus souvent à l'esprit. Depuis quelques jours, je sens le chagrin qui monte et m'emplit. Lentement, insidieusement, résolument. Je savais bien que ces premiers jours seraient pourtant les moins difficiles ! Mais. J'ai déjà mangé mon pain blanc. Il m'apparaît subitement qu'il n'y en avait guère. Je n'arrive plus à penser, je n'arrive pas encore à me décider d'entamer la mise en cendres de ce petit tas de ruines, bien qu'il s'avère maintenant sans objet. O impatience et crédulité ! Pourquoi m'enserrer dans votre toile ? Le tas de ruines me parle et se rebelle. Il me dit de ne rien faire et de le laisser tranquille. Mais quoi ? L'oxygène ne rentre plus. Je me refroidis progressivement, je m'engourdis peu à peu, pas après pas, de pis en pis. Je suis actuellement mon pire ennemi, sans aucune arme efficace pour me combattre. En ai-je seulement la force et l'envie ? J'entends à peine au loin quelques braiements sourds. Ou plutôt veux-je les entendre ! Chimères ?! Pour tout cela, il me faut inévitablement partir et tenter de laisser mes ruines là où elles sont. Accepter également de perdre des pans de soi dans ces ruines. Et surtout attendre. Attendre que ça passe. Espérer un signe de ma bonne étoile, incapable que je suis actuellement de le provoquer plus que je ne le fais maigrement. Sentiment de futilité généralisé. Dernières pages écornées et noircies d'un pourtant merveilleux livre. Incapacité présente à le refermer à jamais.