En ce moment au théâtre des Abbesses. Spectacle qui aurait pu prendre n'importe quel autre titre, car il s'agit d'un enchaînement de texte qui n'ont pas de rapport entre eux. Spectacle qui aurait supporté n'importe quelle mise en scène, qui aurait même pu être joué derrière un paravent ou la scène éteinte. (Même si cette présentation est en l'occurence très agréable). J'en connaissais déjà certaines parties, extraites des critiques de la haine ordinaire. je ne sais par contre pas si les autres extraits sont aussi des chroniques que je ne connais pas, ou sont tirés d'ailleurs, ou écrit pour cette pièce.
Desproges, c'est le seul qui arrive à me faire rire en faisant des sketchs sur les femmes ou les juifs. C'est tellement tout dit au huitième degré (au moins), que c'en est désarmant.
Sur fond d'accordéon (très bon), de violon (très bon aussi), de sax ténor (trop bas) et de saxhorn (trop haut) - et ce sont les comédiens qui jouent, des textes de maître Pierre, mêlés, enchaînés, dits avec beaucoup de maestria. Entre les interludes musicaux il n'y a pas à hésiter longtemps pour reconnaître l'auteur, car même exposés par d'autres, les mots restent du Desproges pur jus et cela se reconnaît à des lieues, avec ces phrases à rallonge composées d'adjectifs sortis de nulle part.
Il est à noter qu'un des trois comédiens utilise le jeu sonore de Desproges, tandis que les deux autres ne s'y risquent pas. Les mots sonnent d'eux-même quoi qu'il en soit, et dans les deux cas cela est une réussite. On en redemande, pendant des heures.
Forcément, les références politiques ont un peu vieilli, mais la verve est toujours là, cinglante, acide. Deux heures de spectacle que l'on ne voit pas du tout passer.
Il m'aurait fallu un peu de papier et un crayon pour noter quelques répliques, mais je ne citerai que celle-ci : l'éternité c'est long...
Surtout vers la fin.