"Raconter des histoires n'est rien, mais ce sont ces riens qui font rêver et le rêve, c'est le début d'un monde meilleur"

Pendant que tu apprends cette phrase, tu trouves un coin calme pour t'isoler. Puis tu te concentres fort et tu la récites à haute voix, en pensant aux mots que tu prononces. Et là, déjà, ta tête part dans les étoiles et tes pieds quittent le sol. Tu y es ? Tu vois, c'est facile.

Pour le décor, un cercle de terre, un grand arbre, deux musiciens, chantant et jouant balafon, kora ainsi que divers tambours africains, encadrant un drôle de petit bonhomme tantôt assis sur une caisse en bois, tantôt virevoltant devant toi. Son sourire est déjà le début du voyage ; c'est ton carton d'invitation.

Déjà, je te donne le mot de passe : quand il te dit "raconte", tu dois lui répondre "histoire". C'est ainsi que tout commence, à chaque fois...

Car en effet hier soir au Théâtre Artistic Athévains, Clovis Fontano contait des histoires. Contes africains pour la plupart. Il nous a tout d'abord narré cet arbre qui voulait quitter ses frères pour aller s'installer dans la plaine. Il nous a ensuite expliqué comment la création du monde était advenue des suites d'adultères entre un dieu et une déesse, comment son pays avait été peuplé par l'insoumission d'une femme. Il nous a raconté l'histoire de cette petite fille qui voulait être noire, que le vent a pris dans ses bras pour l'emmener jusque sur le soleil pour y cueillir des rayons ; comment il fallait savoir payer de sa personne en toute circonstance, mais ne toujours garder son dernier souffle que pour son aimée ; comment la petite Zaza avait pu accéder à son rêve de bal malgré toutes les embûches...

Allégorie dans chaque histoire, morales dans chaque voyage, délivrées par ce "conteur pas menteur" (car il existe des conteurs menteurs...)

Pendant que certain(e)s étaient sur la planète foot, nous avons pour notre part passé deux petites heures d'évasion, ...sur la planète rêve.