salauds de pauvres
Par lalune le vendredi 11 juin 2004, 09:03 - une gueulante ? oui... - Lien permanent
Les sections Attac de Paris sud organisaient hier une conférence animée par un sociologue sur ces salauds de pauvres qui obligent notre gentil gouvernement à les foutre en taule. Après avoir démontré l'absence totale de lien entre le taux de criminalité et celui d'incarcération (quels que soient l'endroit du monde ou la période de l'Histoire retenus pour l'étude), il expliquait comment la France avait par exemple doublé sa population carcérale en 30 ans, la passant de 50 taulards pour 100000 habitants à 100 taulards pour 100000 habitants.
Il expliquait alors le cheminement suivant : Par de purs choix politiques, par idéologie, et non en raison d'une sorte de fatalité liée à la mondialisation ou autre excuse à deux balles, les Etats décidaient de ne mener aucune politique économique, de conduire une politique sociale visant à propulser les plus fragiles vers les emplois rendus précaires par la volonté du monde de l'entreprise, mais par contre de développer puis déployer tout un arsenal sécuritaire, judiciaire et pénal destiné à affirmer une certaine vision de l'autorité de l'état. Vision la plus simpliste et la moins efficace (et très chère en plus) permettant de faire disparaître ces salauds de délinquants (assimilés aux jeunes des banlieues).
Il semblerait aussi (entre autres nombreux exemples), que la prison représente une solution à moins de 3% des crimes et délits les plus graves (meurtres, viols, etc.) commis sur une année aux USA. En France, moins de 2% de peines de prison sont prononcées pour l'ensemble des situations présentées devant les tribunaux. Les taux de récidive sont inversement proportionnels à la gravité de l'acte délictueux effectué, etc, etc, etc.
J'en viens donc à me demander si c'est bien utile de nommer un sous-ministre à la construction des prisons. Je me demande donc s'il est bien nécessaire d'en construire plus. Je me demande également s'il est nécessaire de faire tant de vagues autour de tout ça. Mais la popularité (je n'ose dire le populisme) est à ce prix, certainement.
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