si un jour

 

Si un jour on vous propose d'aller voir Kassandra - speaking in twelve voices, hésitez ! Bon, ça empêche pas de remercier pour l'invitation, ni de trouver sympa qu'on pense à vous, mais là vraiment, c'était la cata. Arrivés sur place pile à l'heure, on n'a pas attendu avant, mais... pendant la représentation ! Au bout de trois minutes, tu te dis que ça va être ça pendant tout le spectacle. Enfin quand je dis spectacle, j'exagère, parce que c'est du grand rien. Imaginez une scène de théâtre (celui de la Ville en l'occurence). Sur scène, sept nanas et cinq mecs tous habillés avec un haut noir et une petite jupe. Certains ont des bottes montantes qui font du bruit (ça doit être les chefs). Une sorte de muraille creuse en contre plaqué véritable, montée sur roulettes en guise de décor, et c'est tout. Pas de musique, juste les douze qui récitent à tour de rôle un texte en anglais, sous titré dans un bandeau en bord de scène, racontant l'histoire de Troie, jusqu'à sa prise. On ne saura pas si ils ont pris Troie, vu qu'on est partis avant la fin (même pas honte en plus), mais ils nous ont bien pris la tête. La chorégraphie ? ben ils gigotaient tous plus ou moins, oui, mais de là à appeler ça de la danse... La qualité du texte ? difficile à dire, mais on a bien compris que comme ça devait pas être assez long, il leur semblait indispensable d'en reprendre quelques passages toutes les vingt minutes.

Si un jour j'envisageais de me lancer dans la création de spectacles modernes, j'aimerais trouver un producteur aussi compréhensif. Quand on sait le paquet d'intermittents qui crèvent la dalle alors qu'ils sont bourrés d'idées et de talent, ça me hérisse un peu le poil (sur les bras, parce que sur la tête m'en reste plus un seul). Moi je sais pas, je mettrais du Janacek en musique de fond, parce que j'aime bien, et puis on pourrait envisager des cages en décor, dans lesquelles les comédiens entrent et sortent de façon aléatoire. Chaque soir, le spectacle pourrait être différent. Les comédiens auraient pour tâche de chanter une chanson de leur enfance, de faire un match d'impro, réciter du Baudelaire ou jouer à la marelle. Oui, c'est bien ça la marelle, c'est jamais les mêmes qui gagnent, et puis ça a un côté artistique certain... Il y aurait des gens en tout blanc avec des ailes dans le dos, ils se feraient pourchasser par des en tout noir avec des cornes sur la tête, qui les empêcheraient de jouer à la marelle peinard. ce serait beau.

Si un jour vous avez envie d'une fille merveilleuse qui vous dit le premier soir qu'elle est insaisissable, hésitez. Parce que par moments ce sera très dur...

Si un jour votre frère vous demande d'être témoin de son mariage, réfléchissez aussi à deux fois, car vous pourriez découvrir au bout de quelques mois que votre cadet n'est plus du tout celui que vous croyez.

Si un jour vous pensez que quelque part le sort s'acharne, ben c'est p'tet pas faux.

Commentaires

1. Le dimanche 16 mai 2004, 16:22 par souris blanche
Il faut positiver. Tu as été invité, tu n'as pas payé ta place...et en plus aujourd'hui il fait beau. C'est le temps idéal pour aller chasser les papillons, ou plus facile les pâquerettes.
2. Le lundi 17 mai 2004, 10:31 par Tyshâ
En fait, y'a une symbolique... Le lalune qui franchit les étapes, une, deux, troie.. soleil.. et les petits diables qui le poursuivent. C'est bon ça. On dirait qu'il atteindrait un jour le bout de la piste et que là, il regarderait le chemin parcouru et les petits caillous qui l'empechaient de passer, et là, il se dit "ben tu vois, ça vallait pas le coup de râler...". Et là, les diables meurent sur un texte de Baudelaire qu'on lui aura fait écrire pour l'occasion. Et après, pour bien enfoncer le clou du bonheur possible, on ferait des mangerait des petits fours au navet, avec un verre de rhum rhubarbe, en sifflotant des chansons d'Obispo, et la vie serait belle quand même, p'tetre même que certains s'en amuseraient. Pis après, faudrait un épisode sur la mort au bout, parce que la mort c'est important quand même. Alors là, on verrait la mort arriver avec une jupe noire, et ce serait une sorte de flashback, tu vois ? Bon, cherchons un producteur...