Passer les quarante crème.
Répéter sans cesse qu'on est un enfant pendant plus de ces quarante, et un matin, se réveiller vieux sans avoir entendu crier gare.
Percuter tout récemment qu'en effet, la première moitié est finie. Voire que la deuxième est déjà bien entamée. Bon, sur un malentendu, il peut toujours y avoir du rab mais c'est peu probable. Fumer avant, boire maintenant, peu de chances...
En déduire que forcément, tout sera plus lent et difficile désormais. Physiquement, intellectuellement. Il va falloir penser à plus réfléchir avant d'agir. Et réfléchir...
Se demander s'il y a bien un sens à tout ça. Après l'avoir cherché sans trop de cesse, envisager que peut-être non et comparer ça à la quête du Graal.
Poser le constat qu'ayant jamais gagné de sous de sa vie, il y a peu de chances que ça commence maintenant.
Regarder derrière soi et avoir le vertige. Reprendre les trajectoires, relire les choix à l'aune de maintenant.
Regretter beaucoup. Devoir assumer tout quand même. Sentir la pesanteur.
Se questionner sur les amis, la famille ascendante, la famille descendante.
Interroger tout de même les réussites, les poser dans la balance des ressentis, en face des échecs avérés et des ratages foireux.
Ne pas être capable de conclure ici non plus...


Bon anniversaire... vieux !