Milieu de matinée : Marre de bilanter, je vais faire un tour pour savoir s'il faut plus chaud dedans ou dehors... J'avise une petite mamie assise sur un sabot de voiture, qui tient le mur d'une main et semble pas fiérote fiérote, mais pas non plus sur le point de tomber. Bon, soit, elle rentre de courses envisagé-je, elle s'accorde une tite pause avant de poursuivre.
Je retourne à la fenêtre 5 min plus tard, et elle a pas bougé. Je me dis que je pourrais aller lui proposer un verre d'eau - comme le conseille not' bon ministre de la santé sur les ondes, ce que je. Elle me dit merci, me demande combien elle me doit, je me marre, tout bien.
Midi moins dix : Elle est toujours là, son sac à provisions à ses pieds. Cette fois elle est debout, et regarde avec insistance un bout de la rue. Je me dis qu'elle attend quelqu'un mais au bout d'une heure et demie, ça fait quand même beaucoup. Je redécide donc d'aller m'enquérir de la chose. Elle m'explique alors qu'elle attend le bus, pour aller dans un bled qui doit avoir autant d'habitants qu'elle a d'années. Soit environ 80 et des.
Et là, je me dis que l'attente risque d'être longue, parce qu'il n'y a pas d'arrêt de bus ici... Ok, je débarque encore dans le coin, mais s'il y avait un arrêt de bus là, de d'une il serait matérialisé et de deux je le saurais. Bon, ça part bien cette histoire me dis-je in petto. Parce que des fois je me dis des trucs in petto...
Je lui propose alors de venir dans mon bureau pour qu'on appelle la société de bus. La petite nana au téléphone - après avoir mis un peu de temps à comprendre mon histoire - me propose un nom, qui s'avère être celui de la petite dame. En effet, elle avait rendez-vous à 11h30 place du marché (donc à 300 mètres d'ici environ...) mais le chauffeur est parti ne l'ayant pas vue se pointer.
Et là, grand moment de solitude... Je suis avec la petite vieille dans mon bureau, son bus-taxi est barré depuis une demi-heure, elle a personne pour venir la chercher, c'est assez pittoresque. Ou pas. Je pleure auprès de la société de transports, et fais craquer la demoiselle qui me dit qu'elle va voir. Au bout de quelques minutes qui pèsent des litres, j'ai quelqu'un au bout du fil qui me dit qu'exceptionnellement (m'en cogne, ça risque pas de se reproduire de sitôt), et parce qu'ils la connaissent bien (ce dont je me fous aussi) ils reviennent la chercher sous peu.
Parfait ! Ben voila, quand vous voulez !
Enfin tout ça pour dire qu'à mon avis, ses yaourts, va falloir qu'elle les mange vite ! Parce que deux petites heures au soleil...