on peut rêver non ?

copie d'un courrier envoyé à l'instant à Gérard Filoche
car je revendique mon droit à la naïveté...

Bonjour,
je visite votre site depuis quelques jours, et je viens de lire le document que vous avez transmis à Etienne Chouard concernant le BN du PS, dont j'ai par ailleurs écouté qu'il avait été voté à l'unanimité ce matin sur Radio-Classique...

Je m'intéresse actuellement beaucoup aux propositions sur la décroissance de Serge Latouche, je lis aussi actuellement le dernier livre de François DUBET sur l'emploi, et en repensant notamment à l'histoire du PDG de Vinci qui a été limogé pour... gourmandise ? je me demandais quelles pourraient être les conséquences économiques de la proposition suivante :

(ne sachant pas trop à qui m'adresser pour cette question, je demande donc à ceux dont je me sens le plus proche politiquement, à savoir vous)

concernant la limitation des salaires des patrons, la barre de 12 fois le montant du salaire de l'employé le moins payé de l'entreprise ne pourrait-elle pas être envisagée ?
12 fois permet de mettre la barrière psychologique suivante : "je suis employé sans trop de qualification dans une entreprise, mon patron gagne en un mois ce que je gagne en un an."
Il pourrait bien sûr y avoir des proportions de faites selon le grade dans l'entreprise (9 ou 10 douzièmes pour l'adjoint du patron, 6 ou 7 douzièmes pour les cadres, 2 ou 3 douzièmes pour les techniciens, etc.)
Un patron, avec 24000 euros par mois, peut sans doute arriver à vivre décemment (même si l'industrie du luxe risque d'en pâtir...). Il lui suffit pour cela de rétribuer ses salariés à hauteur de 2000 euros par mois. S'il veut en gagner encore plus, libre à lui, dans le respect de ces proportions.

Alors effectivement, on est à des années lumières des rémunérations actuelles des dirigeants des grands groupes, mais avec cette formule, rien n'empêche un patron de continuer de gagner des sommes astronomiques, il lui suffit de payer ses employés les moins qualifiés 12 fois moins que lui !

La question que je me pose est la suivante : hormis que cela serait bien évidemment très mal perçu par le Medef et ses affidés, quel est le risque de fuite des entreprises hors de l'hexagone ?

On nous rebat les oreilles avec le si bon niveau de la productivité française, et je me demande comment seraient perçues dans l'opinion publique les paroles d'un entrepreneur décidant de quitter le pays ou de liquider sa boite pour délocaliser, tout simplement parce qu'on l'empêche de faire fortune sur le dos de ses salariés.

Quant à l'argent restant, il pourrait servir à l'investissement au sein de l'entreprise, à développer la recherche pour travailler sur les énergies renouvelables pour les entreprises évoluant dans des domaines énergétiques, à verser des allocations chomages aux demandeurs d'emploi, etc.

ce propos est bien évidemment assez utopiste quand on voit la maigreur des propositions du PS pour la prochaine campagne présidentielle, mais...

je vous remercie par avance des éclairages éventuels que vous aurez le temps de me consacrer.


lalune

Commentaires

1. Le mercredi 7 juin 2006, 18:21 par Flâneur

Très intéressant... Ca fait déjà un moment que je pensais à quelque chose dans ce genre. Le facteur 12 semblera drôlement faiblard pour les patrons, mais si c'est une utopie, tout est envisageable. Je crains cependant un effet pervers pour contourner ça : rémunérer _encore plus_ les actionnaires, dont fera partie (comme par hasard) le patron avec ses stock-options. Mais je n'ai aucune idée de comment limiter cette dérive...
Tu nous tiens au courant de la réponse ?