Hier soir, j'étais au Limonaire sur proposition du gars Bastouille (je mets pas de lien, il ne poste plus...) pour aller écouter le Cirque des mirages. Sur la scène, un piano et un micro qui me semble réglé un peu haut pour le commun des mortels.
Confirmation lorsque la serveuse (pas petite d'ailleurs) vient annoncer le début pour dans peu. Le micro pointe au dessus de ses cheveux !
A ce moment-là un mec arrive un p'tit loubard aux cheveux blonds qui se met au piano. Il a eu plutôt raison. Puis entre une sorte de géant avec un visage découpé à la serpe, une coupe qui se révélera de plus en plus improbable au fur et à mesure du spectacle, avec le contour des yeux peint en noir (par contre le rimmel quand ça coule...) et qui se met à nous vendre des potions. Il chante juste et bien. Aussi bon comédien que chanteur en plus. Le mec au piano a pas à être jaloux, c'est une brutasse aussi.
Il y a partout des intonations à la Brel, c'est bien. La musique, ça pourrait être des années 40, à vue de nez, mais je suis pas sûr. Ca m'a laissé plein d'interrogations.
Une heure et demie de chansons où la mort, la ruse, la trahison, le diable, la religion, les femmes un peu quand même sont chantés. Maintenant, je sais pourquoi ils sont tout de noir vêtus. A part son petit chapeau de paille sans bord et sa serviette blanche servant à essuyer les litres de sueur qu'il perd (forcément, il boit de l'eau comme moi du whisky en péniche...), tout est noir (sons et images compris). Mais c'est du noir qui fait voyager, douter, qui remue. A la fin d'une chanson, j'ai même failli partir, étranglé par un flot de sentiments pas maîtrisables. Mais la foule ne le permettait pas. Trop de monde. Pas voulu déranger. Alors j'ai attendu Belzébuth.
J'ai bien fait, il était là aussi.