Sainte-Anne

 

quel début de semaine... Rien de tout cela n'était prévu, le temps qui s'écoule lentement, dans l'angoisse, les recherches qui se terminent en eau de boudin, les heures à attendre, puis des idées, de pièges tendus, qui amorcent mais ne mordent pas. Enfin la revoici, épuisée et hagarde, retrouvée saine et sauve. Un trajet vers l'incompétence, puis un autre vers du sérieux, puis un autre mais pour combien de temps ?

Saint-Anne un après-midi, c'est long, très long, trop long. Je passe mon temps à me demander dans les couloirs : lequel de ces deux-là est malade ? lequel est l'accompagnateur ? difficile de savoir parfois. Je me dis que l'on doit se poser les mêmes questions me concernant. Et puis une HDT ce n'est jamais très agréable... Enfin le danger n'est plus pour si tôt, sauf que mon énergie est au ruisseau.

Sentiment pourtant du devoir accompli, par envie, parce que je me devais de le faire, parce que là était ma place. Soulagement indicible après tant d'heures sans leur compte de sommeil. Impression d'avoir bien agi. Possibilité de se regarder en face dans la glace le matin.

Des mercis formulés par tous. Le sourire d'une mère, une poignée de main longue et chaleureuse. Parfois, le bonheur, c'est juste ça.

Commentaires

1. Le jeudi 18 mars 2004, 18:02 par boblebidibul
criii...crouic...psiii....bizzz....freuiiii (interférences) *décodeur en souffrance* C'est joliment dit, c'est une invitation à l'après. Un coin de ciel bleu grâce à toi. C'est tellement essentiel.
2. Le jeudi 18 mars 2004, 18:40 par LuLu
joli texte :) (HDT ?)
3. Le jeudi 18 mars 2004, 18:44 par Lalune
hospitalisation à la demande d'un tiers... en gros, interner quelqu'un contre son gré. sauf que des fois, ben y a pas le choix... :(
4. Le jeudi 18 mars 2004, 19:27 par Tyshâ
brrrr, j'allais sourire de l'acte accompli jusqu'à lire la signification du sigle... eh beh c'est sérieux, là :/
5. Le samedi 20 mars 2004, 11:28 par msc
Oserais-je dire que j'ai déjà été hospitalisé là-bas ? Pas de quolibets, promis ? Je n'étais pas dans les bâtiments psychiatriques mais je me souviens parfaitement des cris que j'entendais, des cris sans âme ni émotion. Glaçant. Dans le jardin, ce joli jardin, je me souviens de celle-là qui me demanda deux francs pour se payer un café. Je ne les avais pas. Elle me dit "mais je vous rembourserai, quand je sortirai" et "quand je sortirai" m'avait tordu le c?ur. Alors, avant d'aller me promener, je me munissais toujours d'une pièce de deux francs. Mais on ne m'a jamais plus rien demandé.