De très nombreuses lectures (de partisans des deux camps), des idées qui me viennent, un besoin de les noter pour plus tard, alors pourquoi pas ici. Ma rélexion évoluant - par l'échange avec brio, par mes lectures - mon discours évolue aussi.

Je lisais ce matin des billets de Psyché, url envoyée par Chiboum, et notamment un échange assez vif avec les membres de l'équipe de Publius. Puis de articles de M le maudit, etc. Et je repensais à un cours de philo lié à une dissertation dont le sujet était le suivant : "la croyance est-elle supérieure au savoir ?" Et il en résultait que oui, forcément oui.
Croyance religieuse, scientifique, croyance dans un autre monde possible, croyance dans un avenir plaisant, croyance dans le fait qu'on élèvera des ânes un jour, croyance dans tout et n'importe quoi.
Cette constitution, il n'y a pas à mon avis deux moyens de la lire, il y en a un seul. Les mots ont le même sens pour tous, la façon de les assembler également. Pourtant, la langue française (je ne parle pas des autres que je ne connais pas sufisamment) permet les interprétations. Alors soit il y a des moments où c'est flou, soit c'est pas flou. Mais si c'est flou, c'est flou pour tout le monde.
je pense que ceux qui disent que la constitution est parfaite sont des menteurs, et que ceux qui disent qu'elle ne contient rien de bon en sont aussi.
Ensuite, soit on ne veut pas voir ce qu'il y a dedans, et à ce moment on vote comme un ou une qui veut voir (son boulanger, son garagiste son notaire, son homme politique préféré, le neuneu du village, etc. - et ce n'est pas péjoratif pour le boulanger ou le garagiste qui auront au moins voulu voir), soit on veut voir.
Et si l'on veut voir, il est possible de voir surtout du bien ou surtout du pas bien.
Et c'est là que la croyance (les espoirs que l'on fonde dans la ratification ou non de ce traité) repasse avant le savoir (ce que l'on en a lu ou entendu).
Il y a aussi l'enjeu, le poids de la responsabilité (pour les deux camps). Et ce paramètre influence fortement - je pense - la lecture la plus objective et la plus honnête que chacun peut faire du traité, ou à défaut des informations qu'il glâne ça et là ; ce qui se traduit en : 'je ne peux pas accepter pour ces quelques raisons' ou bien 'je ne peux pas refuser pour ces quelques raisons'. Qui sont pourtant forcément les mêmes...
Il ne s'agit bien évidemment pas là de jouer au donneur de leçons, je gueule assez contre ceux qui font ça. Je ne lirai pas la constitution, par manque de temps et en raison d'un examen proche qui me prend trop de temps. Je sais, c'est mal. Pourtant, je consacre actuellement plusieurs heures par jour à ce sujet pour lire, réfléchir, écrire, écouter, hurler, bondir, approuver. Alors j'ai moins mauvaise conscience.
Pourtant, je n'arrive toujours pas à me dire que le verre est à moitié plein, alors que je le vois à plus de la moitié vide.
De mémoire de jeune trentenaire, jamais échéance électorale ne m'aura causé tant de souci, donné tant d'interrogations. Et il n'est pas dit qu'une autre m'en procure jamais autant, que le oui ou le non l'emportent. C'est bien mon problème...